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Entre! Tu es chez toi

Nous entamons l'année scolaire 2023-2024 et nous le faisons avec une nouvelle devise et avec tout l'enthousiasme et l'espoir que nous mettons dans cette nouvelle étape qui commence. Nous vous souhaitons la bienvenue dans cette nouvelle année scolaire 2023-2024 ! Et nous le faisons à travers la nouvelle proposition éducative que les Provinces maristes de la Région européenne offrent comme devise commune : "Tu es chez toi". Une devise qui naît avec l'espoir de donner une réponse - une bonne réponse, une réponse chrétienne - à la réalité où nous vivons. Ainsi, la proposition mariste est celle d'être une maison où nous trouvons tous notre place, avec nos péculiarités et nos différences. Et surtout, maintenant qu'une nouvelle année scolaire commence, que nous devenions un lieu où nous nous sentons chez nous : soignés, accueillis, pris en compte, etc... Et pas seulement dans chaque école, mais dans cette grande maison commune qu'est le monde, où nous formons tous une grande famille globale. Cette expérience " d’être chez nous " est basée sur la manière dont Jésus accueille et accompagne, un exemple de regard attentif et inclusif sur la personne. C'est une expérience à laquelle nous avons été appelés dernièrement en tant que Maristes : devenir des " foyers de lumière et des phares d'espérance ", en prenant soin et en suscitant une vie nouvelle. Pour n’importe qui, être chez soi, c'est se sentir à l'aise, soigné, protégé, valorisé, aimé, réconforté, rassuré, calme, libre, faisant partie d’un ensemble, être protagoniste, honoré, respecté, écouté, proactif, reconnu... Alors comment ne pas vouloir se sentir chez soi ? Et pas seulement nos enfants et nos jeunes, mais aussi les éducateurs et les familles, et tous les membres de la communauté éducative. C'est une manière d'être et de nous situer au monde que nous voulons diffuser aussi dans nos quartiers, nos paroisses, nos villes, notre Eglise et notre société. Et ce ne serait pas une vraie maison si elle n'était pas une maison pour chacun d'entre nous qui en faisons partie. La gestion des différences est une valeur fondamentale de notre maison. Permettre à chacun de renforcer sa propre identité, en prenant soin de toutes ses dimensions. Cela signifie éduquer à ÊTRE dans un monde tellement diversifié. La nature, les cultures, les sociétés et les capacités des personnes sont diverses. Et, dans cette réalité, nous nous sentons et nous sommes appelés à créer des environnements de croissance et de coexistence pour chacun de nos enfants et de nos jeunes. En tant que Maristes de Champagnat, l'inclusion est l'un des défis que nous devons toujours garder à l'esprit ; une recherche permanente pour répondre aux besoins de chaque instant, en reconnaissant la diversité humaine comme une valeur et un principe éthique et évangélique. C'est un appel à transformer les vies par l'éducation, sans laisser tomber personne. Penser à notre maison, c'est penser à nos centres éducatifs comme à des lieux offrant une variété d'options sur ce qu'il faut apprendre et sur la manière d’agir ; c'est faire place à des processus participatifs dans lesquels nous apprenons à dialoguer sur un pied d'égalité, à partager et à être responsables. Nous sommes une maison ouverte, où les institutions, les organisations et les groupes communautaires sont impliqués dans la conception de projets, où tout le monde participe et où le développement est facilité dans les différents contextes. Une maison qui favorise le chemin vers une vision de l'éducation comme une tâche partagée par les familles, les écoles et d'autres institutions sociales qui y sont engagées, comme notre Fondation Marcellin Champagnat, la Fondazione Siamo Mediterraneo ou nos chers Maristes Bleus. Cette devise est également liée au Pacte mondial pour l'éducation que nous demandons et aux engagements à mettre la personne au centre, à s'ouvrir à l'accueil et à l'écoute des jeunes générations ; en même temps, elle est liée aux multiples messages de la Bible en termes d'équité, de relations, d'attention, de protection… Bref, "être chez soi" est plus qu'une simple expression. C'est quelque chose que nous ressentons au plus profond de notre être. C'est savoir qu'ici, chez les Maristes, vraiment, en lettres capitales et avec tout ce que cela signifie... TU ES CHEZ TOI. C'est un endroit où tu sens que tu appartiens, où tu te sens tout à fait à l’aise. Tout se résume à cela. Car il ne s’agit pas de n'importe quelle maison : c'est la maison des Maristes, c'est la tienne : Entre, tu es chez toi. Bonne année scolaire

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Se protéger: règles d’autoprotection

L'Équipe d'Accompagnement " Pour le Bien des Mineurs " (EABBM) a réalisé une affiche qui contribue à ce travail de prévention et de sécurité des mineurs. L'engagement pour la protection de tous les mineurs présents dans les œuvres éducatives de Maristas Mediterránea et de la Fondation Marcellin Champagnat est permanent et se trouve dans un processus constant d'actualisation et d'amélioration. Dans cette ligne, l'Équipe d'Accompagnement " Pour le Bien des Mineurs " (EABBM) a promu une autre mesure pour promouvoir la prévention et contribuer à garantir la sécurité et le bien-être des enfants, adolescents et jeunes dans notre environnement. Concrètement, un poster intitulé "Protège-toi" a été conçu et réalisé, qui rassemble une série de règles d'autoprotection utiles et orientatives pour renforcer les compétences de protection des élèves des écoles maristes et des utilisateurs des programmes de la Fondation. Concrètement, il y a sept mesures ou actions à réaliser si une personne se trouve dans une situation de danger potentiel. À cette fin, des textes brefs et simples ont été inclus, ainsi qu'une série d'images illustratives pour faciliter l'interprétation des messages. En outre, les affiches comprennent une paire de codes QR visant, d'une part, à fournir des informations supplémentaires sur la protection des enfants et des adolescents et la création d'environnements sûrs et, d'autre part, à contacter notre équipe de protection de l'enfance en cas de problème lié aux abus ou à la maltraitance. Ce matériel graphique a été produit en deux versions. L'une, pour les niveaux supérieurs du primaire, du secondaire et du baccalauréat, avec des images adaptées à ces âges. L'autre, pour l'école maternelle et le premier cycle de l'école primaire, avec des pictogrammes qui facilitent la compréhension des plus jeunes. Les deux versions sont également destinées aux programmes de la Fondation Marcellin Champagnat. Ces règles d'autoprotection "Protège-toi" sont en cours de distribution dans toutes les œuvres éducatives de Maristas Mediterránea et au siège de la Fondation Marcelino Champagnat afin qu'elles puissent être placées, de manière visible et permanente, dans toutes les salles de classe et les espaces communs des centres. Une fois installées, les affiches seront présentées et expliquées dans toutes les classes. De même, lors des tutoriels sur la protection contre les abus, les tuteurs feront le lien entre le contenu des tutoriels et les messages, le sens et les objectifs des posters promus par l'EABBM. La version française des affiches est en

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Carême 2023 : Vaillants de Cœur

Le Carême commence, une saison liturgique de préparation personnelle et communautaire menant à la célébration de la Passion, de la Mort et de la Résurrection de Jésus Le Carême commence. Et nous sommes invités à nous concentrer sur le particulier (c'est une rencontre personnelle avec Dieu et avec notre vie) et sur le renouveau (afin de compléter le processus de "changement  conversion  vie"). A notre tour, nous avons souvent besoin, en de nombreuses occasions, du pardon et de la miséricorde pour recommencer (accepter, se réconcilier, pardonner et se pardonner...). Cette année, chez Maristas Mediterránea, nous avons choisi "Vaillants de Cœur" comme devise spécifique qui nous accompagnera tout au long du Carême 2023. Cette expression est liée à notre devise centrale du cours -Sourire du cœur- et tout ce qu'elle signifie et implique a été élaboré par l'Équipe Pastorale Provinciale (EPP). Et nous disons cette devise de Carême au pluriel parce que nous avons la force de nous sentir accompagnés par la communauté, par nos amis, notre famille, l'école, etc. À cet égard, nous demandons à Jésus que nous soyons forts de deux manières au cours de ces semaines. D'une part, que nous améliorions notre cœur (notre capacité à ressentir, à être sensible... bref, à aimer). D'autre part, que nous nous préparions à être forts dans l'adversité (situations d'injustice, de solitude, de maladie, de mort...), ainsi qu'à aider d'autres personnes à être fortes aussi. ⚠️ Alerte spoiler ! ⚠️ Tout cela, pour découvrir que notre vraie force est en Dieu et dans la communauté. Nous sommes dans une période spéciale où nous devons également prendre soin de nous - à l'intérieur et à l'extérieur - et nous concentrer sur ce qui est le plus important : le cœur. Et nous commençons tout cela aujourd'hui, mercredi des Cendres, lorsque nous célébrerons dans nos œuvres l'Eucharistie correspondante comme une authentique action de grâce, en mettant notre confiance en Jésus, qui marche avec nous en ce Carême ; et reconnaissants pour tout ce que Dieu change dans notre vie pour la rendre plus pleine. Frères et laïcs ; étudiants, cloîtres, familles... Toutes les personnes qui composent la grande famille mariste de Mediterránea célèbrent cette saison avec la joie de s'engager sur le chemin de Pâques et nous demandons au Dieu de la vie de changer notre deuil en danse, notre tristesse en joie, nos pratiques habituelles de carême en engagements réels pour humaniser notre monde et notre égoïsme en amour généreux. Cinq dimanches, cinq éléments Pour revenir à la devise du Carême, ainsi qu'à la «Vaillants de Cœur» toutes les images et tous les dessins, ainsi que la planification pastorale de ces semaines, présentent les éléments classiques de cette saison : - l'aumône (qui signifie donner, partager) - la prière (qui doit être authentique, à la fois individuelle et communautaire) - le jeûne (qui s'entend comme faire un sacrifice pour quelque chose, se priver, s'entraîner) - la conversion (qui appelle un changement personnel) - la charité (qui est synonyme d'amour, d'affection). En tout, cinq éléments, comme le sont les cinq dimanches du Carême, mais aussi comme le sont les jours de la semaine. Et, de fait, dans les prières quotidiennes préparées par l'EPP, la proposition est de mettre en valeur l'un d'entre eux de manière différente du lundi au vendredi. En plus de ces idées principales, beaucoup d'autres liées à ces éléments peuvent surgir dans ces moments de célébration communautaire. Pendant le Carême, nous sommes invités à réaliser ce type de rites ou de pratiques qui y sont liées, mais avant tout, quoi que l'on fasse, il faut le faire avec sincérité et authenticité. Rappelons-nous que ce qui plaît vraiment à Dieu, c'est ce qui vient de l'intérieur de nous, sans chercher les applaudissements ou la reconnaissance. Aujourd'hui, nous commençons, comme nous le disons, par l'imposition des Cendres, un rite classique mais qui peut être une nouveauté lorsque nous nous rendons compte que nous avons besoin d'être plus en contact avec nous-mêmes, avec Dieu et avec les autres. Parce qu'il s'agit de regarder en nous-mêmes pour voir nos faiblesses et nos imperfections, il s'agit aussi de reconnaître les forces et les talents que j'ai et ceux que les autres peuvent m'apporter... et apporter à Dieu. Le Carême nous prépare au grand défi de la Croix, une situation qui nous demandera d'être «Vaillants de Cœur». Alors commençons notre entraînement. Depuis Maristas Mediterránea, nous souhaitons que nous vivions le Carême comme une authentique opportunité de changement dans nos vies, en demandant à Dieu de nous aider à le vivre avec joie, engagement et rencontre personnelle avec

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1ère Réunion des Volontaires Maristes

Les écoles maristes de Cordoue, Alicante et Rome ont accueilli quelque 200 personnes pour partager la vie et reconnaître leur vocation de service Près de 200 personnes ont participé ce week-end à la 1ère Rencontre des Volontaires Sociaux Maristes, qui s'est déroulée dans trois lieux simultanément : deux en Espagne, Colegio Cervantes à Cordoba et Colegio Sagrado Corazón à Alicante, et un en Italie, l'Institut San Leone Magno à Rome.              La rencontre s'est déroulée sous un double format : d'une part, il y a eu trois moments de connexion virtuelle, avec une prière, des témoignages et une clôture partagés via la plateforme Microsoft Teams ; d'autre part, il y a eu des ateliers et des travaux de groupe qui se sont déroulés en personne et de manière indépendante dans chaque lieu.              L'objectif de la réunion était de "partager la vie", tout en mettant en lumière le travail des bénévoles, qui donnent de leur temps pour aider les personnes dans le besoin.              Cette journée, organisée par l'équipe provinciale de solidarité (EPS) de Maristas Mediterránea, a reconnu la vocation de service incarnée par les participants à la rencontre, qui sont d'authentiques " amoureux de Dieu ".              La rencontre des volontaires maristes a commencé par un mot de bienvenue et une prière animée par les équipes pastorales locales d'Alicante et de Cordoue, et s'est terminée par une interprétation en direct de la chanson "Parfum à tes pieds".              Ensuite, les ateliers ont eu lieu sous le titre "Vocation mariste, vocation de service : expériences avec les Montagnes d'aujourd'hui". Il y avait au total cinq ateliers, chacun ayant un thème spécifique : Atelier 1 : Je suis un volontaire mariste Atelier 2 : Les liens du volontariat Atelier 3 : Le beignet de la solidarité Atelier 4 : Fondation Marcellin Champagnat / Institut Marist FSM Atelier 5 : ONGD SED / Cooperazione internazionale Là, les participants ont été répartis au hasard dans chacun des cinq ateliers.              Après le déjeuner partagé (ainsi que l'heure du petit-déjeuner), il était temps d'écouter les témoignages des volontaires. Cette partie de la journée était intitulée "Le volontariat et le service comme mode de vie". Au total, il y a eu trois témoignages, d'une personne de chacun des sites, et ils ont été diffusés aux deux autres.              Pendant un total de 15 minutes maximum par intervention, Dori (Córdoba), Miguel Ángel (Alicante) et Angelica (Rome) ont parlé de leur expérience de solidarité à partir de trois questions : Que signifie pour vous être volontaire ? Comment le volontariat a-t-il changé votre vie ? Pourquoi encourageriez-vous les gens à vivre des expériences de volontariat ? Quelle valeur ajoutée y a-t-il à être volontaire chez MARIST ?              Enfin, le discours d'adieu a été donné depuis l'école mariste de Rome par le Frère Luis Carlos Gutiérrez, Vicaire de l'Institut, et par le Frère Supérieur Général lui-même, le Frère Ernesto Sánchez. Ce dernier a parlé des expériences de solidarité mariste qui ont marqué sa vie, tout en rappelant l'immense travail humanitaire que les Maristes Bleus réalisent à Alep (Syrie) depuis des années et qui est devenu aujourd'hui encore plus crucial en raison de la tragédie du tremblement de terre.              "Le bénévolat est l'un des aspects de la mission mariste qui exprime véritablement la détermination et la disponibilité sous forme de gratuité. Et ça compte beaucoup. Le fait que les volontaires se donnent à fond est de la plus haute valeur", a commenté le frère Ernesto.              Le Frère Luis Carlos s'est joint au message du Supérieur Général, ajoutant seulement, en conclusion, ce qui suit: "Merci à vous tous de vous engager dans la vie et le service ; c'est la grande réponse que nous devons donner à cette société et à ce monde ; et celle que nous devons aux pauvres de la terre. Beaucoup

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Bienvenus à la Résistance !

Le Frère Provincial, le F. Aureliano Garcia Manzanal, envoie une lettre ouverte aux éducateurs et éducatrices maristes en ce début de cours. Son message, motivant et enthousiasmant, parle de l’héritage d’un style éducatif que la nation à La Valla et de tout l’héritage reçu et qui sème, jour après jour, dans chaque classe et projet social des Maristes Méditerranéens. "Être conscient d’un cadeau si spécial, la devise de ce cours est rempli d’un sens plus profond : Souriez de tout cœur" Aux éducateurs de la Province Méditerranée : Chers amis et amies : Nous entamons une nouvelle année scolaire et, avec elle, nous ouvrons une nouvelle page de l'histoire de chacune de nos écoles et œuvres sociales. Une page blanche où nous écrirons le chapitre d'un livre que d'autres ont commencé à écrire il y a 205 ans. Nous reprenons un héritage séculaire qui, à son tour, a été ancré depuis de nombreux siècles dans les enseignements du Maître de Nazareth.  Marcellin Champagnat, simple curé de village, a pris le relais en 1817. Il a acheté une maison délabrée à La Valla-en-Gier, dans le département de la Loire, et là, avec un petit groupe de jeunes hommes des villages environnants, il a commencé à concevoir un système d'écoles qui offriraient l'éducation à des centaines d'enfants des campagnes - des enfants qui, jusqu'alors, ne pouvaient même pas imaginer que les portes de la connaissance et les fenêtres de l'espoir d'une vie plus digne leur seraient ouvertes à eux aussi. Chacun d'entre nous fait partie de cette histoire. Nous sommes les héritiers d'un style éducatif qui est né dans cette maison de La Valla ; nous y faisons référence chaque fois que nous parlons de " l'éducation mariste ". Nous avons hérité d'écoles qui sont devenues des foyers de lumière, d'une pédagogie basée sur la présence et l'écoute, sur la référence à Marie comme Bonne Mère et modèle, sur l'amour du travail et le sens des responsabilités, sur la mission comprise comme service et don, sur l'esprit de famille, sur l'attention prioritaire à ceux qui ont le plus besoin de nous et sur l'engagement inconditionnel dans la construction d'un monde nouveau. C'est l'héritage que, jour après jour, vous semez dans chaque classe et chaque œuvre sociale de la Province Mariste Méditerranée. Vous y consacrez toute votre vie, et c'est la raison pour laquelle vous vous levez chaque matin pour entreprendre avec joie toute votre activité éducative. Conscients de ce cadeau si spécial, la devise de cette année scolaire est empreinte de sa signification la plus profonde : "Le sourire du cœur". Que puis-je vous dire ? Merci ! Merci pour votre vocation d'éducateurs et pour faire partie de cette grande famille mariste. Toute action éducative vise à changer la réalité et non à s'y accommoder en se contentant de ce qu'il y a. Ce que la société actuelle nous offre, tout n'a pas la même valeur. Se limiter à ce que notre époque nous propose n'est pas une option vivifiante et n'aiderait certainement personne à grandir. L'éducation mariste est appelée à offrir, à partir de la fraternité, un nouveau paradigme capable de concevoir une société alternative qui ressemble davantage au Royaume dont Jésus a parlé. Il s'agit, au fond, d'un mouvement de résistance. Et nous savons qu'il y en a eu beaucoup au cours de l'histoire : résistance à l'occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, mouvements de désobéissance civile, mouvements non violents comme celui mené par le Mahatma Gandhi en Inde, etc. Certes, tous ne peuvent être considérés comme un exemple à suivre. Dans leur tentative d'offrir une société meilleure, libérée de la tyrannie et de l'injustice, on a utilisé parfois des moyens violents qui ont fini par générer des guerres aussi injustes et sanglantes que celles qu'ils essayaient eux-mêmes de combattre. Il y a plus de deux mille ans, Jésus de Nazareth a lancé son singulier mouvement de résistance. Il était en effet un bon maître qui exposait son message avec des mots et des métaphores simples, de sorte que même les plus jeunes pouvaient le comprendre : le semeur qui répand ses graines dans l'espoir d'une bonne récolte, le levain qui fait lever la pâte, les oiseaux qui ne sèment ni ne moissonnent mais que le Père nourrit, les lys des champs qui ne travaillent ni ne filent mais se parent d'une beauté sans pareille, le trésor caché dans le champ pour lequel il vaut la peine de tout vendre, l'homme prudent qui bâtit sur le roc... Et il racontait des histoires. Il parlait d'une minuscule graine de moutarde qui, enfouie dans la terre, devient un magnifique buisson, d'un berger qui quitte son troupeau pour partir à la recherche de la brebis égarée, et d'un bon père qui prépare un festin succulent pour accueillir le fils qui avait dilapidé son héritage. Tout ce qu'il faisait et disait était un véritable déferlement de créativité, l'action inlassable d'un vrai maître. Il voulait que les hommes et les femmes de son temps puissent saisir la présence salvatrice et amoureuse d'un Dieu bon qui accompagne notre histoire. Pour Jésus, la vie va toujours au-delà de ce que l'on voit. Pour lui, seul l'amour libère. Seule la miséricorde sauve. Deux mille ans après, sa personne et son message continuent d'illuminer la vie de millions d'hommes et de femmes. Ses traces n'ont pas été effacées, et l'écho de ses paroles n'a pas cessé. Nous sommes nombreux à croire que les enseignements du Maître de Nazareth peuvent restaurer l'âme d'un monde qui semble l'avoir perdue. Nous, Maristes, nous sentons l'appel à continuer ce mouvement de résistance que Jésus a commencé et pour cela nous avons dans nos mains l'outil de construction le plus puissant jamais inventé : l'éducation. Je vous invite à vivre en profondeur notre engagement dans cette résistance enracinée dans l'Évangile et je vous propose quelques pistes qui peuvent nous aider à la mettre en pratique dans notre action éducative. Tous ces éléments se retrouvent, bien sûr, dans notre Plan Stratégique et dans les priorités provinciales, mais peut-être que le fait de les exprimer d'une manière différente peut inspirer et offrir une nouvelle perspective : 1. La compassion et le service comme principes éducatifs. Dans un monde compétitif où l'on cherche à être le premier ou au moins à être sur le podium, nous affirmons avec notre manière d'éduquer que « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ». (Mc. 9, 35). Comment éduquons-nous à partir de la gentillesse, le service et le don de soi ? Voilà le chemin à suivre pour construire un monde nouveau fondé sur l'amour. Et c'est aussi la question clé, car elle est liée à notre propre identité. C'est ce que nous sommes. C'est notre vocation et l'héritage que nous avons reçu. Être frère ou laïc mariste, c'est être pour les autres. Comment profiter de cette Année des Vocations Maristes pour continuer à grandir et à approfondir notre spiritualité ? 2. La culture de la rencontre comme mode de vie  La pandémie de ces dernières années a remis en question notre monde relationnel et même notre équilibre personnel. Nos écoles et nos œuvres sociales n'ont pas été épargnés par ce phénomène. Le nombre d'étudiants ayant des problèmes de santé mentale et même des idées suicidaires a augmenté de façon exponentielle, nous avons ressenti à un degré plus ou moins grand la peur du face-à-face, même parmi nos enseignants, et nous avons supprimé pour une longue période de temps beaucoup de nos activités de groupe et éducatives. Comment récupérer la rencontre de façon équilibrée et responsable ? Comment guérir les blessures de la solitude et de la peur ? La fraternité et la rencontre sont notre habitat naturel. Depuis nos origines, le style éducatif mariste est basé sur la pédagogie de la présence, de la proximité et de l'empathie. Nous apportons ainsi notre grain de sable à la construction d'une société alternative basée sur la fraternité universelle : "Un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères" (Mt 23,8). 3. La résistance pour éviter la domination de l'égoïsme et pour rendre l'espoir possible.          Comme dans d'autres parties du monde, même dans la zone géographique de notre Province mariste, nous vivons des temps d'incertitude socio-politique. Les élections sont pour bientôt en Italie et certains pronostics sont vraiment inquiétants. Au Liban, nous sommes toujours au milieu d'une crise généralisée (politique, sociale et économique) qui semble ne pas avoir de fin. En Syrie, 82% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté ; ils sont dans une situation de "ni guerre, ni paix" comme nous le rappelle la dernière Lettre d'Alep (n° 44). En Espagne, nous aurons des élections régionales et nous continuerons à nous battre avec la LOMLOE et les changements qu'elle entraînera dans le système éducatif.          Quelle lecture prophétique pouvons-nous proposer face à toutes ces réalités ? J'ai commencé cette lettre par la citation de Romains 12, 2 : “Ne prenez pas pour modèle le monde présent ...". La résistance face aux dogmatismes du monde actuel nous ouvre à l'espoir et peut éviter d'être dominés par l'égoïsme. Notre vocation d'éducateurs comporte toujours une part de non-conformisme et une attitude critique qui se traduit par un engagement social actif. 4. La recherche inlassable de la brebis égarée.          La parabole de la brebis perdue est racontée dans l'Évangile de Matthieu et de Luc. Matthieu offre un détail qui devrait remettre en question nos approches éducatives et bouleverser plus d'un programme. Il raconte comment le berger laisse le reste du troupeau pour partir à la recherche de la brebis perdue et ajoute : « ... Et, s’il arrive à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées ». (Mt 18,13). Que pouvons-nous faire de plus pour atteindre les derniers ? Ou mieux encore, que devons-nous changer pour que les derniers soient les premiers dans la pyramide de nos intérêts ?          Le pouvoir de l'urgence médiatique dévore les informations à un rythme effréné. Les médias donnent souvent en spectacle la faiblesse, la pauvreté et la guerre. Ils peuvent contribuer à sensibiliser des millions de personnes, certes, mais ils sont généralement éphémères et ne répondent pas aux besoins qui nous sont les plus proches au quotidien. Á la fin de chaque journal télévisé, la Syrie continue à souffrir, la pauvreté augmente dans nos villes et nos pays, nos voisins du quartier ne parviennent pas à joindre les deux bouts, la crise fait perdre leur emploi à nos amis et à notre famille, etc. Comment faire le contrepoint à cette mélodie trompeuse ?              Dans la tradition chrétienne orthodoxe, on appelle "myrrophores" les femmes qui ont apporté de la myrrhe au tombeau du Christ le matin de Pâques. Ce sont les femmes qui ont oint et prit soin du corps de Jésus. Elles représentent tous les hommes et les femmes qui consacrent leur vie à guérir et à prendre soin des corps blessés de l'histoire. Je trouve cette image éloquente et inspirante car elle exprime la profondeur de notre vocation d'éducateur.              Nous commençons une nouvelle année scolaire. Une page blanche. Un monde de possibilités se déploie devant nous, une mission pour laquelle il vaut la peine de tout risquer, un rêve que nous avons hérité pour que l'espérance puisse à nouveau jaillir. Bonne année scolaire et ... bienvenus à la résistance

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