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NOUS NE POUVONS PAS NOUS TAIRE !

NOUS NE POUVONS PAS NOUS TAIRE ! "Le Moyen-Orient n'a pas besoin de guerre mais de paix, une paix fondée sur la justice, le dialogue et le courage d'être fraternel". (Pape François) À toute la famille mariste de la Province Méditerranéenne Mes chers frères et amis : Le 31 octobre 1996, les frères Servando Mayor, Miguel Angel Isla, Fernando la Fuente et Julio Rodríguez ont été assassinés dans un camp de réfugiés à Bugobe, au Congo. Beaucoup d'entre nous ont été touchés par leur histoire. Plus encore, leur vie et leur exemple nous ont inspirés et ont contribué à façonner notre vocation mariste, notre compréhension de Dieu, du monde et des relations humaines. Leurs écrits et leur correspondance continuent à éveiller en nous un désir d'authenticité et une recherche sincère et engagée d'un monde plus fraternel. Ils ont été victimes de la violence et de la guerre, ce monstre qui continue à laisser des traces de désolation dans chaque siècle de l'histoire. Il y a beaucoup de guerres, et les victimes sont toujours nombreuses. Aujourd'hui, la guerre continue de menacer des hommes, des femmes et des enfants au Moyen-Orient et nous ne pouvons et ne devons pas nous taire. La guerre est un grand monstre qui avance implacable. Elle détruit tout être humain et tout ce que nous avons d'humanité. Nous ne pouvons pas nous taire ! Nous devons élever la voix ! Que le massacre de vies humaines cesse ! Nous ne sommes pas des juges pour établir les coupables ou les responsables, mais - sans aucun doute - l'histoire jugera notre engagement personnel et institutionnel ou notre lassitude à mettre un terme à cette barbarie. Nous ne sommes pas des analystes politiques ou des puissants de ce monde qui tiennent le destin des peuples entre leurs mains, mais nous pouvons parler, crier et implorer au nom de Dieu de mettre fin à tant de destruction. Nous sommes simplement des êtres humains, des enfants du même Dieu, des hommes et des femmes qui ne peuvent pas rester silencieux devant la souffrance de l'autre. Nous ne pouvons ni ne devons pas nous taire. Trop c'est trop ! Réclamons par tous les moyens possibles la fin de la violence et un cessez-le-feu immédiat. Faisons-le clairement dans tous les forums et par tous les moyens à notre disposition : dans nos communautés, dans nos salles de classe, dans les réunions de parents, dans les rencontres et les cours de formation des enseignants, dans chacune des œuvres sociales de notre province, sur notre site web et nos réseaux sociaux. Signez toutes les pétitions qui exigent un cessez-le-feu, soutenez toutes les institutions publiques ou privées qui le demandent, inventez de nouveaux forums et de nouvelles plates-formes pour faire entendre votre voix. Depuis le 7 octobre, nous avons multiplié les contacts et intensifié le dialogue avec nos communautés et nos œuvres au Liban et en Syrie. Elles continuent à accomplir leur mission avec enthousiasme et, comme vous pouvez l'imaginer, aussi avec inquiétude. Juste hier, plusieurs frères du Conseil provincial ont eu une rencontre par vidéoconférence avec les communautés de Champville et de Jbail. Au nom d’eux tous, je vous demande d'intensifier notre prière et notre engagement pour la paix. Il y a quelques jours, nous avons reçu la "Lettre d'Alep, n° 47". Je vous invite à la lire, à prier et dialoguer sur ce qu'ils partagent avec nous. Faisons nôtres leurs sentiments. Unissons-nous à tous les Maristes Bleus qui expriment leur épuisement face à cette spirale de violence qui semble ne pas avoir de fin : " Khalas ! Khalas, c'est une façon de dire ça suffit. Ça suffit ! Nous ne voulons plus écouter les nouvelles, nous ne voulons plus voir les scènes de violence, de sang, de mort, d'explosions et de destruction. Nous n'en pouvons plus !" Chers frères et amis : nous ne pouvons pas nous taire ! Face à la progression constante de la violence, le Pape François nous invite à mettre en œuvre le courage de la fraternité. Cette expression me touche au cœur : "le courage d'être fraternel". Le courage, en effet, n'a jamais eu à voir avec l'usage de la force, mais avec le rayonnement de la fraternité. Que la paix soit avec vous et avec tous les peuples du monde. F. Aureliano García Manzanal Alicante, le 31 octobre 2023 Lettre en arabe ici

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À toute la famille mariste de la Province Méditerranéenne (Lettre ouverte IX)

“VOUS ÊTES TOUS FRÈRES” Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ.  Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. (Mt. 23, 8-11) Cher frère, ami, amie, Nous venons de commencer une nouvelle année scolaire et, sans doute, chacun d'entre nous sent son sac à dos plein de rêves et d'attentes. Il y a quelques jours, tu es retourné à l'école, ou tu as repris ton activité de travailleur social, ou tu as retrouvé les compagnons de ton groupe de vie chrétienne, de ta communauté, de ta fraternité, de ton groupe de scouts ou de ton équipe sportive. L'une des premières choses qu'ils t'ont dites a probablement été celle-ci : "Tu es chez toi". C'est notre devise pour l'année scolaire 2023/2024 et c'est ainsi que nous aimerions que tu te sentes : chez toi. Bienvenu, bienvenue ! Entre, ne reste pas à la porte, assieds-toi à ton endroit préférée, prends place à la table de la fraternité. La nôtre est une maison de frères, une école-foyer qui t'accueille tel que tu es et t'invite à être pour les autres. Notre maison est un foyer chaleureux où tu peux grandir entouré par la fraternité. C'est pourquoi, en accord avec la devise adoptée par toutes les Provinces maristes d'Europe, je propose pour cette année scolaire de concentrer tous nos efforts sur l'une des priorités établies dans notre dernier Chapitre provincial : Exprimer la fraternité comme l'essence de notre vie communautaire. Aujourd'hui, les paroles de Jésus s'adressent à toi et à moi, à chacun de nous qui faisons partie de la famille mariste méditerranéenne : " Vous n’avez qu’un seul maître et vous êtes tous frères ". Être frères. Vivre en frères. Voici le défi dans tous les domaines de notre vie provinciale : communautés, écoles, œuvres sociales, groupes de vie chrétienne, scouts, fraternités. C'est notre vocation la plus authentique. “Chaque famille religieuse manifeste de manière spéciale certains traits de Jésus. La nôtre est appelée à rendre visible dans l’Église et dans le monde le visage du Christ-frère.” (Règle de Vie, nº2) Alors entre, ne reste pas à la porte. Prends place à la table de la fraternité et construisons ensemble une famille. Dans l'humilité, mets tous tes talents à l'œuvre et nous pourrons offrir au monde une vision, une espérance. Revêts le tablier du service et du dévouement désintéressé car, comme nous le rappelle Tonino Bello, “le tablier est le seul vêtement liturgique sacerdotal porté par Jésus lors de la dernière Cène. Il n'est pas question ici de chasubles, d'étoles, de pluviales et d'amicts, mais d'un tablier grossier et ordinaire que Jésus a noué à sa ceinture pour laver les pieds de ses apôtres”. Nous avons besoin de frères, disait Marcellin Champagnat. En réalité, nous n'avons besoin de rien de plus que la chaleur et la musique de la fraternité. Ou pour le dire autrement : "Il faut peu de choses pour vivre : du pain et des chansons”. C'est ainsi que commence le livre "Humain, plus humain" de Josep Maria Esquirol. Le pain partagé et les mots qui battent nous conduisent à la célébration, à la protection, à prendre soin de l'autre. Ils nous rapprochent de la partie la plus intime de notre essence : la fraternité, l'amour. "Un chant qui guérit - poursuit l'auteur - et un chant qui exalte la beauté du monde. Parfois silencieux, parfois sous des formes discrètes et imprévisibles, le chant - le mot qui vibre - devient pour nous un refuge et un paradis". Mettons toutes nos ressources au service de cette vision. Chantons ensemble un nouveau chant de vie. Unissons nos voix à celles de l'innombrable chœur de tous ceux qui consacrent leur vie à la construction d'un monde meilleur et plus fraternel. Comme Marie, mettons en musique un Magnificat qui, dans toutes les langues du monde, reconnaisse Dieu comme Dieu et l'autre comme frère. Je vous embrasse chaleureusement et vous souhaite une bonne année scolaire. F. Aureliano García ManzanalAlicante, le 20 septembre

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Aux femmes maristes de la Province Méditerranéenne (Lettre Ouverte VII)

TU VOIS CETTE FEMME ? “Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds. Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds”.(Lc. 7, 44-47) Aux femmes maristes de la Province Méditerranéenne Nous sommes au milieu du mois de mai, un mois spécialement dédié à la Bonne Mère dans notre tradition mariste. Je souhaite de tout cœur que la figure de Marie illumine la vie et la mission de la Province Méditerranéenne. " Vous savez à qui nous devons demander ces grâces - disait Marcellin Champagnat - ; c'est à notre ressource ordinaire. N'ayons pas peur de nous adresser trop souvent à elle, car sa bonté et sa puissance n'ont pas de limites, et le trésor de ses dons est inépuisable ". Le calendrier religieux nous invite aujourd'hui à invoquer Marie sous le titre de Notre-Dame de Fatima et oriente notre regard vers l'histoire de trois petits bergers - Lucie, Jacinthe et François - dont la vie a été bénie par la présence aimante de la Mère. Je profite du contexte de ce mois consacré à Marie pour m'adresser à toute la province et spécialement à toutes les femmes, vous qui vous reconnaissez maristes et qui représentez une partie importante de notre famille charismatique. C'est une bonne occasion pour vous remercier de votre présence, pour souligner votre passion évangélisatrice et pour réfléchir sur le rôle de la femme dans notre Province et, avec une vision plus large, dans toute l'Église. Première supérieure Marie n'est pas seulement un modèle pour les femmes, mais pour toutes les personnes, hommes et femmes, qui engagent leur vie à la suite de Jésus. La force de leur témoignage réside dans leur capacité à écouter et à mettre en pratique la parole de Dieu. C'est pourquoi, lorsqu'une femme de la foule a crié à Jésus : « Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! », Jésus a répondu : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (Lc.11 :27-28). Nous nous approchons d'elle comme d'une référence pour notre vie, en tant que mère et disciple. "OÙ TU IRAS, Règle de vie des Frères Maristes”, exprime cela d'une manière très claire et très belle au numéro 42 : Marie est mère et, à la fois, disciple.« Elle retenait tous ces événements dans son cœur » (Lc 2,51).Cette vie de disciple, façonnée jour après jour,fait que le quotidien n’épuise pas ses perspectives.Elle va au-delà des limites de sa maison,pour rejoindre la communauté apostolique.La présence de Marie en tant que sœur dans la foiapporte la qualité et la chaleur maternelle du foyerà l’Église naissante. Marcellin Champagnat, fondateur d'une congrégation religieuse masculine, a considéré Marie, femme et laïque, comme la première supérieure de son projet. Sur ses traces, nous nous sentons appelés à devenir "le visage marial de l'Eglise". Tous les âges me diront bienheureuse. Marie nous offre un modèle de femme active et participative, loin de la soumission ou de l'exercice de fonctions secondaires. Face au mystère de Dieu, elle répond avec le dynamisme et la logique de l'amour, en engageant toute sa vie. Le cantique de Marie devient ainsi la meilleure synthèse de son projet de vie, une déclaration d'amour et de foi indéfectible dans le Dieu bon qui accompagne l'histoire de l'humanité. Dans le Magnificat, Marie proclame la grandeur et la force de Dieu. Une grandeur qui a à faire avec la miséricorde et la libération des hommes et des peuples, et non avec des titres ou des distinctions. Une force qui n'est pas celle de la suprématie des empires, mais celle de l'engagement en faveur des faibles, des affamés et des oubliés. Le Magnificat est une invitation à orienter notre existence vers la mission de rendre visibles dans le monde les valeurs du Royaume de Dieu annoncé par Jésus. Et à le faire aujourd'hui et ici, dans le contexte concret de la Province mariste Méditerranéenne. Très souvent, cela signifie nager à contre-courant, abandonner les attitudes complaisantes et non critiques, reconnaître que nous sommes aussi souillés par les contraintes d'un monde malade de pouvoir et envahi par l'individualisme ; et d'une Église anesthésiée par le cléricalisme et souvent retranchée dans les limites étroites de la sacristie. Nous devons reconnaître qu'aujourd'hui encore, dans notre Église bien-aimée, les femmes et d'autres groupes continuent d'être discriminées et rendues invisibles. Marie est la femme que tous féliciteront parce qu'elle a remis sa vie entre les mains de Dieu et qu'elle est devenue un signe et un témoin du Royaume. C'est la raison pour laquelle, comme elle-même a proclamé, toutes les générations se souviendront d'elle et l'appelleront bienheureuse. Et il en a été ainsi. Tout au long de l'histoire, cette femme est devenue "l'inspiration" des peintres, des sculpteurs, des musiciens et des poètes. Si nous faisons un parcours artistique à travers les vingt derniers siècles, nous découvrirons comment les différentes générations l'ont vue et l'ont imaginée. Marie, femme laïque, est devenue un modèle pour tous les hommes et toutes les femmes qui veulent s'approcher de Dieu. Pas au nom de Jésus Les Évangiles contiennent un nombre important de références aux femmes. Je vous invite à relire et à méditer sur cinq des rencontres et dialogues les plus significatifs de Jésus avec les femmes de son entourage : Jésus et la Samaritaine (Jean 4,1-43) La femme syro-phénicienne (Marc 7,24-30) La femme adultère (Jean 8, 1-11) La femme toute courbée (Luc 13,10-17) Marthe et Marie de Béthanie (Luc 10,38-42) (Jean 11,1-44). Il n'existe aucun cas où Jésus aurait discriminé, méprisé ou stéréotypé une femme. Au contraire, toute exégèse documentée nous dira comment Jésus les a rendues à leur dignité, les a guéries et leur a restitué l'intégrité que la société de l'époque leur avait enlevée. Il a révélé les secrets du Royaume à un groupe de proches, dont faisaient partie des femmes. Il s'est manifesté aux femmes à l'aube, leur confiant le témoignage du tombeau vide et du triomphe de la vie. Beaucoup d'entre elles ont eu un accès spécial et unique à Jésus : elles l'ont touché, l'ont oint et l'ont embrassé. Même, comme dans le cas de la Syro-phénicienne, elles lui ont appris que la bonté de Dieu ne se limite pas à un groupe clos de personnes. C'est comme si, à travers elles, Jésus avait fait l'expérience d'une proximité et d'une complicité plus intime et plus affectueuse avec le Dieu qu'il appelait "Abba". Il ne fait aucun doute que, au nom de Jésus, aucune attitude discriminatoire à l'égard des femmes ne peut être défendue. Pas en son nom. Une Église qui ne comprend pas et ne met pas en œuvre la pleine participation des femmes n'est pas chrétienne. Nous pouvons difficilement nous considérer comme des disciples de Jésus si nous marginalisons implicitement ou explicitement les femmes dans une Église qui, d'ailleurs, est majoritairement féminine. Tu vois cette femme ? Peut-être était-ce la précipitation ou l'émotion du moment. Je n'en sais rien. Mais ce qui est certain, c'est que ce jour-là, Simon, le pharisien, a oublié les usages de courtoisie prévus dans son milieu culturel pour accueillir un ami. L'entrée en scène d'une femme connue dans la ville comme pécheresse a donné à Jésus l'occasion de les lui rappeler : "Vois-tu cette femme ? Quand je suis entré dans ta maison, tu n'as pas mis d'eau sur mes pieds. Elle a baigné mes pieds de larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as pas embrassé, mais elle n'a pas cessé de me baiser les pieds depuis que je suis entré. Tu n'as pas oint ma tête d'huile, mais elle a oint mes pieds de parfum". Vois-tu cette femme, la vois-tu vraiment ? C'est une question pertinente et nécessaire car, soyons honnêtes, les femmes sont trop souvent rendues invisibles, réduites au silence et laissées pour compte. Vois-tu cette femme qui, jour après jour, donne sa vie à un service désintéressé sans penser à la reconnaissance ou aux récompenses ? Vois-tu les femmes qui remplissent les églises et qui, en même temps, élèvent leur voix prophétique et engagée dans de nombreux forums professionnels et culturels de notre temps ? Vois-tu les femmes qui, dans notre Province mariste Méditerranéenne, sont éducatrices, assistantes sociales, catéchistes, monitrices de différents groupes de jeunes ou qui accomplissent toute autre fonction de service ? Comment pouvons-nous tous, hommes et femmes, les rendre plus visibles et construire une Église-communion qui soit à la fois masculine et féminine ? Il me semble intéressant et opportun de citer ici quelques paroles de Silvia Martínez Cano, de la Province Ibérica. Il y a quelques années, elle a écrit un article sur le rôle des femmes dans la congrégation mariste et a conclu sa réflexion en disant : " Sans aucun doute, le charisme de Marcellin aujourd'hui ne s'épuise pas, mais il se multiplie dans celles qui font partie du monde et qui en sont l'espérance : animatrices et compagnes dans nos communautés et guides sur des sentiers maristes qui sont encore à explorer ". Chères femmes maristes de la Province Méditerranéenne, continuons à explorer ensemble de nouveaux chemins pour l'animation du charisme. Que Marie, mère et disciple, accompagne et bénisse tous vos projets. Puisse-t-elle, la Bonne Mère et notre ressource ordinaire, être notre référence quotidienne pour continuer à grandir, à approfondir et à élargir nos rêves. Fraternellement, Fr. Aureliano García Manzanal Alicante, le 13 mai

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Aux éducateurs des œuvres sociales de la Province Méditerranéenne (Lettre ouverte VI)

LE REGARD LUMINEUX ET LES PIEDS SUR TERRES Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes,délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillirchez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement,ne pas te dérober à ton semblable ? Alors ta lumière jaillira comme l’aurore… (Is. 58, 6-8) Aux éducateurs des œuvres sociales de la Province Méditerranéenne Le 27 mars 2020, il y a tout juste trois ans, nous avons été témoins d'une image inhabituelle qui reste encore dans nos esprits et fait désormais partie de l'histoire récente du Vatican et du monde. C'était le vendredi de la quatrième semaine de carême. Le pape François, seul, marchait sur une place déserte et baignée par la pluie. Il a monté les marches de la basilique Saint-Pierre jusqu'atteindre l'atrium de l'église. De là, il a adressé une extraordinaire bénédiction "urbi et orbi" à un monde assiégé par le coronavirus. "À la faveur de la tempête, a-t-il déclaré, est tombé le maquillage des stéréotypes avec lequel nous cachions nos "ego" toujours préoccupés de leur image ; et reste manifeste, encore une fois, cette appartenance commune, à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire : le fait d’être frères”. Il me semble opportun de commencer en rappelant ce moment et en évoquant l'image puissante, consolatrice et prophétique de cet après-midi pluvieux. D'une voix à la fois ferme et tendre, François a rappelé au monde que "personne ne se sauve tout seul" et que "nous nous trouvons tous dans la même barque". Inspiré par cette image, je vous écris aujourd'hui sous la forme d'une lettre ouverte. Comme les précédentes, elle s'adresse à toute la province et, en cette occasion, plus particulièrement aux éducateurs de nos œuvres sociales. C'est pour moi l'occasion d'exprimer ma gratitude pour votre travail et, surtout, pour le témoignage de vos vies.     La bombe de la pauvreté Nous vivons dans une société qui mythifie la jeunesse et le temps présent. Comme Peter Pan, elle ne veut pas devenir adulte et cache ses rides comme si elles n'étaient pas l'expression authentique de la beauté d'une vie épanouie. C'est La pauvreté a de nombreux visages. Nous pouvons les voir près de nous, sur nos lieux de travail et dans les quartiers où nous vivons. Mais aussi dans des pays lointains où la vie quotidienne devient un exercice de survie permanent et pénible. Ce sont les visages d'hommes, de femmes et d'enfants frappés par la douleur, la marginalisation, le manque de services de santé, la malnutrition, la privation de liberté et de dignité, les migrations forcées, le manque de travail, etc. Ce sont des visages concrets, des êtres humains, des personnes avec des noms. Aucun d'entre nous n'ignore cette triste réalité. Chaque jour, dans nos écoles, nous nous occupons de centaines d'enfants ayant des besoins très divers qui, dans de nombreux cas, menacent leur croissance et compromettent leur avenir. Dans nos œuvres sociales, nous nous efforçons d'aider les enfants et les jeunes immigrés qui souffrent de la solitude et du déracinement ; nous apportons un soutien scolaire aux enfants issus de milieux défavorisés ou disposant de peu de ressources, et nous développons des projets visant à l'intégration des jeunes à risque sur le marché du travail. Vous, chers éducateurs, connaissez de près tous ces drames et consacrez le meilleur de vous-mêmes à panser les plaies et à déployer les rêves. La "Lettre d'Alep, n° 42" décrit la situation désespérée de la ville et parle de "la bombe de la pauvreté", qui est pire que la guerre. Il s'agit d'une véritable bombe qui, sous différentes formes et manifestations, menace la vie d'êtres humains dans le monde entier. En tant que disciples de Jésus, nous nous sentons appelés à la désactiver. A partir de notre foi en un Dieu devenu pauvre et toujours proche des exclus, l'engagement pour le développement intégral des plus abandonnés n'est pas facultatif, il fait partie de notre essence, du cœur même de notre être chrétien. Nous pourrions dire que notre mission, enracinée dans la foi de l'Église, est de désamorcer la bombe de la pauvreté et de contribuer par notre vie à la construction d'un monde plus humain. Un matelas pour Berlier. La solidarité n'est pas une mode de notre temps, elle ne peut pas non plus devenir un étalage de notre générosité. C'est plutôt un mode de vie qui émane de l'Évangile et aussi de nos origines maristes. “La sensibilité de Marcellin Champagnat aux besoins et aux souffrances des enfants de son temps nous pousse à répondre aux défis émergents auxquels l’humanité est confrontée aujourd’hui” (Const. 59). Je voudrais partager avec vous deux histoires de la vie de Marcellin Champagnat et des premiers frères. Je les trouve significatives. La première est racontée par le frère Jean Baptiste Furet et le frère Avit, tous deux chroniqueurs de nos origines maristes. La première se déroule en janvier 1825, quelques mois avant que la communauté de La Valla ne s'installe à l'Hermitage. Marcellin était en voyage et, à son retour, un frère lui raconte le cas d'un jeune homme du Bechat qui était gravement malade et qui dormait sur la paille, presque nu et sans couvertures, en plein hiver. Il souffrait apparemment d'une sorte de trouble mental ; il ne permettait même pas à sa mère de s'approcher de lui, prétendant qu'elle voulait l'empoisonner. C'était le jeune Berlier. La réaction de Marcellin fut immédiate : comment est-il possible que les frères aient attendu qu'il revienne de son voyage pour réagir à ce besoin ? Il se met en route et se rend chez Berlier. Après un premier entretien pour essayer de le calmer et de le réconforter, Marcellin appelle l'économe et lui donne l'ordre de lui apporter un matelas, des draps et des couvertures. Mais, puisqu'il n'y a pas de matelas supplémentaire dans la maison, il décide, sans hésiter, de lui apporter le sien. L'histoire se poursuit, mais je m'arrête ici. Combien de fois nous nous noyons dans des projets, des programmes et des plans stratégiques et finissons par ne pas apporter de réponses concrètes aux besoins de notre environnement ? Le politiquement correct, la programmation et le consensus ont souvent raison de nous. Mais il y a des situations qui ne peuvent pas attendre le consensus. Je crois que Champagnat s'irriterait plus d'une fois contre beaucoup d'entre nous pour la même raison que, ce jour de janvier 1825, il s'est irrité contre les Frères de la communauté de La Valla. Nous devons donner la priorité au cœur. Sommes-nous prêts à céder notre matelas quand l'autre en a plus besoin que nous-mêmes ? Jean Baptiste Berne, l’orphelin qui a trouvé un père La deuxième histoire commence avec Jeanne Berne, une jeune femme ayant des problèmes de santé et vivant dans une extrême pauvreté. Elle était mère célibataire et avait un fils, Jean Baptiste Berne, né en 1811. Bien qu'elle se soit mariée par la suite, le fils n'a jamais été reconnu et a pris le nom de famille de sa mère. Pendant une longue période, Marcellin l'a aidée financièrement et l'a accompagnée spirituellement. Il lui apportait de la nourriture, des vêtements et du bois de chauffage. Mais l'hiver 1820 fut rude et Jeanne mourut. Elle laissait derrière elle Jean Baptiste, âgé de 9 ans, avec un avenir incertain. Marcellin l'accepta immédiatement dans le pensionnat des frères, et c'est là que commença une série interminable de maux de tête pour la communauté. Il était un enfant à problèmes, agressif et incapable de se soumettre à une quelconque règle. Souvent, il prenait la fuite. Les frères ont tout essayé, mais ils ont échoué à plusieurs reprises, au point de demander à Marcellin de l'expulser. Et chaque fois, Marcellin demandait aux frères de la patience et de fournir un dernier effort. Finalement, quelque chose s'est passé dans le cœur de cet enfant. Petit à petit, Jean Baptiste a commencé à changer. On l'a vu grandir à tous les niveaux, corriger ses attitudes et modérer son caractère. Il se sentait chez lui. À tel point qu'il demanda à devenir frère. Il fut admis au noviciat et porta le fameux habit bleu dont on se souvient encore aujourd'hui comme caractéristique de l'époque, et qui a inspiré, par exemple, le nom de " Maristes bleus" d'Alep. Il prononça ses vœux en 1828 et reçut le nom de frère Nilamon.  Voilà l'histoire de Jean Baptiste Berne, l'orphelin qui a trouvé un père en la personne de Marcellin. Deux ans plus tard, en 1830, il tomba malade et mourut, heureux et exemplaire, en tant que frère mariste. J'ai toujours été ému par cette histoire de foi inébranlable en l'être humain. Elle met en évidence deux des aspects les plus authentiques de nos origines et de notre manière de nous définir comme éducateurs : la pédagogie de la présence et le travail inlassable. Mais surtout, elle nous parle d'un éducateur à la sensibilité extraordinaire qui a su voir un frère dans un enfant orphelin et inadapté. Le regard lumineux et les pieds sur terre Je vous raconte ces histoires avec un œil sur nos origines et un autre sur la réalité actuelle de chacune de nos œuvres sociales. Grâce à votre travail éducatif, nous continuons à écrire les histoires de centaines d'enfants et de jeunes exclus qui, grâce à votre sensibilité et à votre engagement, regardent à nouveau l'avenir avec espoir. Je voudrais pouvoir vous transmettre un message d'encouragement et de soutien. Continuons à projeter nos meilleurs rêves à travers la Fondation Marcellin Champagnat, la Fondazione Siamo Mediterraneo, la NGO Sed, chacune de nos œuvres éducatives et toute autre plateforme qui facilite le développement de notre mission. Une mission qui ne sera jamais complète si nous ne vivons pas en profondeur la spiritualité dont elle jaillit. Lors de l'assemblée provinciale de 2015, nous avons utilisé une expression qui est devenue le titre des conclusions auxquelles nous sommes parvenus : "Le regard lumineux et les pieds sur terre". Nous faisions référence à la spiritualité qui animait Marcellin au début de sa mission à La Valla. L'étincelle dans ses yeux reflétait la passion qu'il ressentait pour l'Évangile et le désir de le partager. En même temps, nous l'imaginons les pieds dans la boue, engagé auprès des enfants et des jeunes les plus démunis. Toujours prêt à désactiver la bombe de la pauvreté et de la solitude. Des années plus tard, le 7 octobre 2019, l'Institut a publié le document "OÙ TU IRAS. Règle de vie des Frères Maristes " et au numéro 81, il utilise la même expression, cette fois-ci en se référant à Marie : "Comme Marie, marche, le regard lumineux et les pieds sur terre. Elle t’invite à aller vers d’autres frontières". C'est mon souhait, et aussi ma prière, en pensant à chacun de vous aujourd'hui. Merci ! F. Aureliano García Manzanal Alicante, le 27 mars

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Aux frères aînés de la Province Mediterranéenne (Lettre ouverte V)

TU CONTINUERAS À PORTER DES FRUITS « Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples :lumière qui se révèle aux nations. » (Lc. 2, 30-32) Aux frères aînés de la Province Mediterranéenne Comme chaque deuxième jour de février, nous célébrons aujourd'hui la journée de la vie consacrée. À cette occasion, la devise choisie évoque un mouvement et un itinéraire d'espoir. Il commence par un verbe au gérondif qui montre une action déjà en cours comme indiquant un processus qui ne se termine jamais : " Marchant dans l'espérance ". C'est une invitation implicite à faire confiance au Dieu qui donne un sens à nos vies et à approfondir l'appel qui nous a lancé sur notre route il y a tant d'années. Je vous invite à célébrer cette journée avec un sentiment de gratitude et dans le contexte de l'Année des Vocations Maristes. Bien sûr, quand je pense aux deux événements que je viens de mentionner, je pense à tous les frères. Mais aujourd'hui, je voudrais m'adresser d'une manière très particulière à vous, mes chers frères aînés. Je vous dis pourquoi. Très souvent, je pense à ma propre vocation comme à un don, comme à un héritage qui continue à être transmis et à se propager de génération en génération. À cet égard, je trouve éloquente la parabole des talents : ce qui est donné en cadeau acquiert dynamisme et vitalité lorsqu’on cherche à l'améliorer et à le multiplier. C'est à cela que vous avez consacré vos vies, mes frères. Et vous continuez à le faire. Ceux d'entre nous qui, en raison de notre âge, venons après vous, nous avons reçu le flambeau de vos mains. Comment ne pas être reconnaissants si c'est vous qui nous avez transmis l'essence d'une vocation qui marque définitivement nos vies ? Je suis conscient des contraintes et des limites qui accompagnent le vieillissement. Au fil des années, nous sentons notre corps s'affaiblir et notre vitalité mentale et notre mémoire diminuer. Sans fermer les yeux sur l'évidence, je voudrais m'arrêter sur une autre réalité tout aussi indéniable : la vieillesse est une bénédiction, un signe visible de la bonté du Dieu qui est source de vie, et de vie en abondance. C'est une autre étape de notre parcours vocationnel et c'est aussi là que nous sommes appelés à grandir spirituellement et à continuer à porter du fruit. Marcellin Champagnat, dans sa détermination à suivre Jésus, avait adopté un mode de vie qui a pris forme dans la première communauté mariste à La Valla. De cette humble maison délabrée jusqu'à aujourd'hui, le charisme mariste s'est multiplié et a évolué. Vous nous avez transmis cet héritage, enrichi par vos vies et votre vision du monde. C'est la logique de Dieu présente dans l'histoire humaine qui, comme dans la parabole des talents, invite toujours à une dynamique de croissance. Marchant dans l’espérance La liturgie d'aujourd'hui, fête de la Présentation du Seigneur, nous présente Siméon comme un icône de l'espérance. Au fil des années, ce vieil homme a vu augmenter le nombre de cicatrices sur son corps, et s'accumuler dans son âme davantage de déceptions et de désillusions. Mais il n'a jamais perdu l'espoir de réaliser ses rêves jusqu'à ce matin où, prenant l'enfant dans ses bras, il s'est exclamé : "Mes yeux ont vu ton Sauveur" (Lc. 2, 30). Lorsque l'enfant et le vieillard se retrouvent dans le même tableau, l'avenir commence à se dessiner naturellement et l'espoir devient un compagnon de route habituel. Il en va de même pour l'héritage de la vocation mariste. Harmoniser notre passé avec notre présent nous ouvre à un avenir nouveau et enrichissant. Et ici, vous, les frères aînés, avez beaucoup à apporter. Comme Siméon, si nous accueillons dans nos bras et dans notre cœur la nouveauté qui est en train de naître, nous découvrirons une autre façon de voir les choses et nous pourrons proclamer : "Mes yeux ont vu ton Sauveur". Nous vivons dans une société qui mythifie la jeunesse et le temps présent. Comme Peter Pan, elle ne veut pas devenir adulte et cache ses rides comme si elles n'étaient pas l'expression authentique de la beauté d'une vie épanouie. C'est ce que dit le livre "Convertire Peter Pan. Il destino della fede nella società dell'eterna giovinezza", par Armando Matteo. Je l'ai en italien ; je ne sais pas s'il est traduit dans d'autres langues. Le dernier paragraphe du livre dit : "C'est notre joie qui est l'antidote et le vaccin contre l'individualisme radical qui afflige et crucifie le monde d'aujourd'hui. C'est notre joie d'adultes et de croyants, heureux de l'être, l’attitude appropriée pour reconvertir Peter Pan de son illusion d'une jouissance infinie en solitaire. En vérité, seul celui qui aime jouit, seul celui qui rend heureux les autres jouit, seul celui qui donne jouit". Ouverts à la nouveauté Il y a tout juste deux ans que l'Académie Pontificale pour la Vie a publié un document au titre vraiment suggestif : "La vieillesse, notre avenir". Il constitue une réflexion intéressante sur la situation des personnes âgées après la pandémie et sur leur précieuse contribution à la société. Après l'avoir lu, il est facile de comprendre que la vieillesse et la nouveauté ne doivent pas nécessairement s'opposer l'une à l'autre. Chacun de nos Chapitres généraux, Chapitres provinciaux et Assemblées se sont fait l'écho de nouveaux appels et nous rappellent que le charisme et la vocation maristes sont des réalités dynamiques, en évolution et en croissance permanente. Ces dernières années, nous avons entendu des expressions telles que : famille globale, phares d'espérance, foyers de lumière, internationalité, communautés mixtes et communautés inter-congrégations, répondre avec audace aux besoins émergents, communautés d'animation du charisme, bâtisseurs de ponts, etc. Être ouvert à la nouveauté est aussi un signe de maturité. La maturité de celui qui sait que tout n'a pas été découvert, que tout n'a pas été dit, que la plénitude n'est pas atteinte par nos seules forces, que la révélation du Dieu de l'histoire est toujours en cours. Être ouverts à la nouveauté, chers frères aînés, est une contribution précieuse que vous pouvez apporter à la Province mariste Méditerranée.  Vocation de frère Depuis le 20 mai 2022, nous célébrons l'Année des Vocations Maristes. Elle sera clôturée officiellement le 6 juin 2023. Dans tout l'Institut, et aussi dans notre Province, nous avons lancé de nombreuses initiatives visant à " prendre soin et susciter la vie mariste ". Chacun d'entre nous, dans sa situation personnelle, peut contribuer à nous rapprocher de cet objectif. Nous sommes tous appelés à participer à cet effort commun et à dynamiser la vocation mariste au sens large. D'autre part, lors de notre dernier Chapitre provincial, la priorité de renforcer la pastorale des vocations, et spécifiquement la vocation à la vie consacrée, a émergé. Nous l'avons exprimé ainsi : " Éveiller chez les jeunes la vocation de frère ". Et nous avons parlé de nous engager dans une vie communautaire accueillante, de provoquer des rencontres significatives avec les personnes et surtout avec les jeunes, de prier, de faire des propositions concrètes et transformatrices dans ce domaine. Nous sommes en train de dédier des personnes, des équipes et du temps à cette priorité. Chaque communauté et chaque frère est appelé à donner le meilleur de lui-même. Je pense que nous sommes tous conscients que la meilleure pastorale des vocations est l'exemple de nos vies. Vous m'avez entendu dire que, à mon avis, il n'y a rien de plus inspirant pour un jeune que de rencontrer et de partager avec une personne âgée heureuse. Les médias sociaux regorgent d'exemples qui le confirment. Il existe de nombreux cas de vidéos et d'histoires de personnes âgées qui sont devenues virales sur internet parce qu'elles transmettent l'authenticité et répandent leur bonheur, ou parce qu'elles accomplissent des tâches ou des projets pleins d'énergie et de vitalité. D'une certaine manière, un frère aîné qui est heureux est la confirmation d'une vie pleine, d'une vocation authentique et significative. N'est-ce pas précisément ce que les jeunes recherchent ? Votre vie, mes frères, est appelée à générer une nouvelle vie. Pouvons-nous trouver des moyens de partager davantage avec les jeunes, de manière naturelle et simple ? Tu continueras à porter des fruits Le psaume 92 nous invite à une espérance enracinée dans les desseins mystérieux de Dieu. « Il est bon de lui rendre grâce, d'annoncer dès le matin son amour; sa fidélité, au long des nuits. Confiant dans sa promesse, le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban ; et dans sa vieillesse, il fructifie encore ». C'est le temps de l'espoir et de la foi. Oui, nous connaissons nos faiblesses et nos lacunes. Nous sommes conscients de notre âge et du fait que le nombre de frères diminue, ce qui nous oblige à un processus de restructuration qui implique, entre autres, la réduction du nombre de nos communautés. Peut-être est-ce précisément la raison pour laquelle nous nous sentons appelés, plus que jamais, à porter des fruits de vitalité, à être créatifs et à répondre avec audace aux besoins émergents. Au-delà des statistiques et des projections pour l'avenir, nos yeux sont fixés sur le Seigneur. C'est pourquoi, “même si le figuier ne fleurit pas et que la vigne ne porte pas de fruits, même si la récolte des olives est mauvaise et que les champs ne donnent pas de nourriture, même s'il n'y a pas de brebis dans la bergerie et pas de vaches dans les étables, je bondis de joie dans le Seigneur, j’exulte en Dieu, mon Sauveur !” (Habacuc 3, 17-18). Avec la Bonne Mère comme compagne de route, nous continuerons à grandir dans la fidélité à notre vocation de frères. Recevez, chers frères, mon affection et ma gratitude à chacun d'entre vous, ainsi qu’une accolade fraternelle. F. Aureliano García Manzanal Alicante, 2 février

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