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1ère Assemblée provinciale des jeunes : phase locale

Les œuvres éducatives des Maristes Méditerranéenne en Syrie, au Liban, en Italie et en Espagne déploient la première étape d'un processus ouvert par la Province pour réfléchir sur le bien-être et la protection des enfants et des adolescents dans nos milieux éducatifs. Près de 3000 enfants et jeunes des œuvres maristes de Syrie, du Liban, d'Italie et d'Espagne ont entamé, à la fin de l'année 2023, un processus pour contribuer à améliorer leur bien-être et leur protection dans les établissements et les écoles maristes qu'ils fréquentent régulièrement. Dans une première phase locale, qui vient de s'achever, les élèves ont participé à une enquête pour analyser leur réalité ; et, réfléchissant en groupe, ils ont fait des propositions pour optimiser le bien-être, la coexistence et la protection dans l'environnement mariste. Cette phase vient de se terminer avec l'identification de possibles lignes d'action futures et l'élection des représentants de chaque établissement. Les chiffres de la participation des enfants par pays sont les suivants : Syrie, 55 ; Italie, 196 ; Liban, 769 ; Espagne, 1787. Ces chiffres sont proportionnels au nombre d'enfants et de jeunes accueillis dans les œuvres maristes de chaque région. L'âge des participants se situe entre 13 et 15 ans. Les jeunes représentants et les éducateurs qui les accompagnent ont participé (ou participeront bientôt) à des réunions en ligne organisées/programmées les 14 et 23 mars et le 4 avril 2024, afin de faire connaissance avec les participants d'autres villes et de s'initier à la dynamique de l'Assemblée internationale. La prochaine étape du processus sera la participation à la phase internationale, qui se déroulera simultanément du 19 au 23 avril 2024 dans deux lieux : Faraya (pour les garçons et les filles de Syrie et du Liban) et Madrid (pour ceux et celles d'Italie et d'Espagne). Plusieurs élèves de chaque école, accompagnés d'un éducateur, apporteront la réflexion locale à une assemblée de jeunes dans le but de parvenir à un consensus sur des propositions qui aideront à garantir les droits des enfants et les mesures de protection dans les œuvres maristes. Cette assemblée a un slogan qui est une déclaration d'intention envers les enfants et les jeunes eux-mêmes : " Ta voix compte ", qui sera aussi l’hashtag pour la diffusion de l'événement et de ses résultats. Ce processus est lié à l'initiative du Conseil général " DEBOUT, PARLE & AGIS ", qui a été réactivée ces jours-ci avec la diffusion d'un Guide pour que le droit des enfants à participer aux affaires qui les concernent devienne une réalité. Les conclusions de cette première Assemblée provinciale des jeunes contribueront à l'élaboration de lignes stratégiques qui renforceront la mission mariste dans le monde, en particulier en ce qui concerne la promotion et la sauvegarde des droits des enfants et la protection institutionnelle de

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Entre! Tu es chez toi

Nous entamons l'année scolaire 2023-2024 et nous le faisons avec une nouvelle devise et avec tout l'enthousiasme et l'espoir que nous mettons dans cette nouvelle étape qui commence. Nous vous souhaitons la bienvenue dans cette nouvelle année scolaire 2023-2024 ! Et nous le faisons à travers la nouvelle proposition éducative que les Provinces maristes de la Région européenne offrent comme devise commune : "Tu es chez toi". Une devise qui naît avec l'espoir de donner une réponse - une bonne réponse, une réponse chrétienne - à la réalité où nous vivons. Ainsi, la proposition mariste est celle d'être une maison où nous trouvons tous notre place, avec nos péculiarités et nos différences. Et surtout, maintenant qu'une nouvelle année scolaire commence, que nous devenions un lieu où nous nous sentons chez nous : soignés, accueillis, pris en compte, etc... Et pas seulement dans chaque école, mais dans cette grande maison commune qu'est le monde, où nous formons tous une grande famille globale. Cette expérience " d’être chez nous " est basée sur la manière dont Jésus accueille et accompagne, un exemple de regard attentif et inclusif sur la personne. C'est une expérience à laquelle nous avons été appelés dernièrement en tant que Maristes : devenir des " foyers de lumière et des phares d'espérance ", en prenant soin et en suscitant une vie nouvelle. Pour n’importe qui, être chez soi, c'est se sentir à l'aise, soigné, protégé, valorisé, aimé, réconforté, rassuré, calme, libre, faisant partie d’un ensemble, être protagoniste, honoré, respecté, écouté, proactif, reconnu... Alors comment ne pas vouloir se sentir chez soi ? Et pas seulement nos enfants et nos jeunes, mais aussi les éducateurs et les familles, et tous les membres de la communauté éducative. C'est une manière d'être et de nous situer au monde que nous voulons diffuser aussi dans nos quartiers, nos paroisses, nos villes, notre Eglise et notre société. Et ce ne serait pas une vraie maison si elle n'était pas une maison pour chacun d'entre nous qui en faisons partie. La gestion des différences est une valeur fondamentale de notre maison. Permettre à chacun de renforcer sa propre identité, en prenant soin de toutes ses dimensions. Cela signifie éduquer à ÊTRE dans un monde tellement diversifié. La nature, les cultures, les sociétés et les capacités des personnes sont diverses. Et, dans cette réalité, nous nous sentons et nous sommes appelés à créer des environnements de croissance et de coexistence pour chacun de nos enfants et de nos jeunes. En tant que Maristes de Champagnat, l'inclusion est l'un des défis que nous devons toujours garder à l'esprit ; une recherche permanente pour répondre aux besoins de chaque instant, en reconnaissant la diversité humaine comme une valeur et un principe éthique et évangélique. C'est un appel à transformer les vies par l'éducation, sans laisser tomber personne. Penser à notre maison, c'est penser à nos centres éducatifs comme à des lieux offrant une variété d'options sur ce qu'il faut apprendre et sur la manière d’agir ; c'est faire place à des processus participatifs dans lesquels nous apprenons à dialoguer sur un pied d'égalité, à partager et à être responsables. Nous sommes une maison ouverte, où les institutions, les organisations et les groupes communautaires sont impliqués dans la conception de projets, où tout le monde participe et où le développement est facilité dans les différents contextes. Une maison qui favorise le chemin vers une vision de l'éducation comme une tâche partagée par les familles, les écoles et d'autres institutions sociales qui y sont engagées, comme notre Fondation Marcellin Champagnat, la Fondazione Siamo Mediterraneo ou nos chers Maristes Bleus. Cette devise est également liée au Pacte mondial pour l'éducation que nous demandons et aux engagements à mettre la personne au centre, à s'ouvrir à l'accueil et à l'écoute des jeunes générations ; en même temps, elle est liée aux multiples messages de la Bible en termes d'équité, de relations, d'attention, de protection… Bref, "être chez soi" est plus qu'une simple expression. C'est quelque chose que nous ressentons au plus profond de notre être. C'est savoir qu'ici, chez les Maristes, vraiment, en lettres capitales et avec tout ce que cela signifie... TU ES CHEZ TOI. C'est un endroit où tu sens que tu appartiens, où tu te sens tout à fait à l’aise. Tout se résume à cela. Car il ne s’agit pas de n'importe quelle maison : c'est la maison des Maristes, c'est la tienne : Entre, tu es chez toi. Bonne année scolaire

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Aux éducateurs des œuvres sociales de la Province Méditerranéenne (Lettre ouverte VI)

LE REGARD LUMINEUX ET LES PIEDS SUR TERRES Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes,délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillirchez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement,ne pas te dérober à ton semblable ? Alors ta lumière jaillira comme l’aurore… (Is. 58, 6-8) Aux éducateurs des œuvres sociales de la Province Méditerranéenne Le 27 mars 2020, il y a tout juste trois ans, nous avons été témoins d'une image inhabituelle qui reste encore dans nos esprits et fait désormais partie de l'histoire récente du Vatican et du monde. C'était le vendredi de la quatrième semaine de carême. Le pape François, seul, marchait sur une place déserte et baignée par la pluie. Il a monté les marches de la basilique Saint-Pierre jusqu'atteindre l'atrium de l'église. De là, il a adressé une extraordinaire bénédiction "urbi et orbi" à un monde assiégé par le coronavirus. "À la faveur de la tempête, a-t-il déclaré, est tombé le maquillage des stéréotypes avec lequel nous cachions nos "ego" toujours préoccupés de leur image ; et reste manifeste, encore une fois, cette appartenance commune, à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire : le fait d’être frères”. Il me semble opportun de commencer en rappelant ce moment et en évoquant l'image puissante, consolatrice et prophétique de cet après-midi pluvieux. D'une voix à la fois ferme et tendre, François a rappelé au monde que "personne ne se sauve tout seul" et que "nous nous trouvons tous dans la même barque". Inspiré par cette image, je vous écris aujourd'hui sous la forme d'une lettre ouverte. Comme les précédentes, elle s'adresse à toute la province et, en cette occasion, plus particulièrement aux éducateurs de nos œuvres sociales. C'est pour moi l'occasion d'exprimer ma gratitude pour votre travail et, surtout, pour le témoignage de vos vies.     La bombe de la pauvreté Nous vivons dans une société qui mythifie la jeunesse et le temps présent. Comme Peter Pan, elle ne veut pas devenir adulte et cache ses rides comme si elles n'étaient pas l'expression authentique de la beauté d'une vie épanouie. C'est La pauvreté a de nombreux visages. Nous pouvons les voir près de nous, sur nos lieux de travail et dans les quartiers où nous vivons. Mais aussi dans des pays lointains où la vie quotidienne devient un exercice de survie permanent et pénible. Ce sont les visages d'hommes, de femmes et d'enfants frappés par la douleur, la marginalisation, le manque de services de santé, la malnutrition, la privation de liberté et de dignité, les migrations forcées, le manque de travail, etc. Ce sont des visages concrets, des êtres humains, des personnes avec des noms. Aucun d'entre nous n'ignore cette triste réalité. Chaque jour, dans nos écoles, nous nous occupons de centaines d'enfants ayant des besoins très divers qui, dans de nombreux cas, menacent leur croissance et compromettent leur avenir. Dans nos œuvres sociales, nous nous efforçons d'aider les enfants et les jeunes immigrés qui souffrent de la solitude et du déracinement ; nous apportons un soutien scolaire aux enfants issus de milieux défavorisés ou disposant de peu de ressources, et nous développons des projets visant à l'intégration des jeunes à risque sur le marché du travail. Vous, chers éducateurs, connaissez de près tous ces drames et consacrez le meilleur de vous-mêmes à panser les plaies et à déployer les rêves. La "Lettre d'Alep, n° 42" décrit la situation désespérée de la ville et parle de "la bombe de la pauvreté", qui est pire que la guerre. Il s'agit d'une véritable bombe qui, sous différentes formes et manifestations, menace la vie d'êtres humains dans le monde entier. En tant que disciples de Jésus, nous nous sentons appelés à la désactiver. A partir de notre foi en un Dieu devenu pauvre et toujours proche des exclus, l'engagement pour le développement intégral des plus abandonnés n'est pas facultatif, il fait partie de notre essence, du cœur même de notre être chrétien. Nous pourrions dire que notre mission, enracinée dans la foi de l'Église, est de désamorcer la bombe de la pauvreté et de contribuer par notre vie à la construction d'un monde plus humain. Un matelas pour Berlier. La solidarité n'est pas une mode de notre temps, elle ne peut pas non plus devenir un étalage de notre générosité. C'est plutôt un mode de vie qui émane de l'Évangile et aussi de nos origines maristes. “La sensibilité de Marcellin Champagnat aux besoins et aux souffrances des enfants de son temps nous pousse à répondre aux défis émergents auxquels l’humanité est confrontée aujourd’hui” (Const. 59). Je voudrais partager avec vous deux histoires de la vie de Marcellin Champagnat et des premiers frères. Je les trouve significatives. La première est racontée par le frère Jean Baptiste Furet et le frère Avit, tous deux chroniqueurs de nos origines maristes. La première se déroule en janvier 1825, quelques mois avant que la communauté de La Valla ne s'installe à l'Hermitage. Marcellin était en voyage et, à son retour, un frère lui raconte le cas d'un jeune homme du Bechat qui était gravement malade et qui dormait sur la paille, presque nu et sans couvertures, en plein hiver. Il souffrait apparemment d'une sorte de trouble mental ; il ne permettait même pas à sa mère de s'approcher de lui, prétendant qu'elle voulait l'empoisonner. C'était le jeune Berlier. La réaction de Marcellin fut immédiate : comment est-il possible que les frères aient attendu qu'il revienne de son voyage pour réagir à ce besoin ? Il se met en route et se rend chez Berlier. Après un premier entretien pour essayer de le calmer et de le réconforter, Marcellin appelle l'économe et lui donne l'ordre de lui apporter un matelas, des draps et des couvertures. Mais, puisqu'il n'y a pas de matelas supplémentaire dans la maison, il décide, sans hésiter, de lui apporter le sien. L'histoire se poursuit, mais je m'arrête ici. Combien de fois nous nous noyons dans des projets, des programmes et des plans stratégiques et finissons par ne pas apporter de réponses concrètes aux besoins de notre environnement ? Le politiquement correct, la programmation et le consensus ont souvent raison de nous. Mais il y a des situations qui ne peuvent pas attendre le consensus. Je crois que Champagnat s'irriterait plus d'une fois contre beaucoup d'entre nous pour la même raison que, ce jour de janvier 1825, il s'est irrité contre les Frères de la communauté de La Valla. Nous devons donner la priorité au cœur. Sommes-nous prêts à céder notre matelas quand l'autre en a plus besoin que nous-mêmes ? Jean Baptiste Berne, l’orphelin qui a trouvé un père La deuxième histoire commence avec Jeanne Berne, une jeune femme ayant des problèmes de santé et vivant dans une extrême pauvreté. Elle était mère célibataire et avait un fils, Jean Baptiste Berne, né en 1811. Bien qu'elle se soit mariée par la suite, le fils n'a jamais été reconnu et a pris le nom de famille de sa mère. Pendant une longue période, Marcellin l'a aidée financièrement et l'a accompagnée spirituellement. Il lui apportait de la nourriture, des vêtements et du bois de chauffage. Mais l'hiver 1820 fut rude et Jeanne mourut. Elle laissait derrière elle Jean Baptiste, âgé de 9 ans, avec un avenir incertain. Marcellin l'accepta immédiatement dans le pensionnat des frères, et c'est là que commença une série interminable de maux de tête pour la communauté. Il était un enfant à problèmes, agressif et incapable de se soumettre à une quelconque règle. Souvent, il prenait la fuite. Les frères ont tout essayé, mais ils ont échoué à plusieurs reprises, au point de demander à Marcellin de l'expulser. Et chaque fois, Marcellin demandait aux frères de la patience et de fournir un dernier effort. Finalement, quelque chose s'est passé dans le cœur de cet enfant. Petit à petit, Jean Baptiste a commencé à changer. On l'a vu grandir à tous les niveaux, corriger ses attitudes et modérer son caractère. Il se sentait chez lui. À tel point qu'il demanda à devenir frère. Il fut admis au noviciat et porta le fameux habit bleu dont on se souvient encore aujourd'hui comme caractéristique de l'époque, et qui a inspiré, par exemple, le nom de " Maristes bleus" d'Alep. Il prononça ses vœux en 1828 et reçut le nom de frère Nilamon.  Voilà l'histoire de Jean Baptiste Berne, l'orphelin qui a trouvé un père en la personne de Marcellin. Deux ans plus tard, en 1830, il tomba malade et mourut, heureux et exemplaire, en tant que frère mariste. J'ai toujours été ému par cette histoire de foi inébranlable en l'être humain. Elle met en évidence deux des aspects les plus authentiques de nos origines et de notre manière de nous définir comme éducateurs : la pédagogie de la présence et le travail inlassable. Mais surtout, elle nous parle d'un éducateur à la sensibilité extraordinaire qui a su voir un frère dans un enfant orphelin et inadapté. Le regard lumineux et les pieds sur terre Je vous raconte ces histoires avec un œil sur nos origines et un autre sur la réalité actuelle de chacune de nos œuvres sociales. Grâce à votre travail éducatif, nous continuons à écrire les histoires de centaines d'enfants et de jeunes exclus qui, grâce à votre sensibilité et à votre engagement, regardent à nouveau l'avenir avec espoir. Je voudrais pouvoir vous transmettre un message d'encouragement et de soutien. Continuons à projeter nos meilleurs rêves à travers la Fondation Marcellin Champagnat, la Fondazione Siamo Mediterraneo, la NGO Sed, chacune de nos œuvres éducatives et toute autre plateforme qui facilite le développement de notre mission. Une mission qui ne sera jamais complète si nous ne vivons pas en profondeur la spiritualité dont elle jaillit. Lors de l'assemblée provinciale de 2015, nous avons utilisé une expression qui est devenue le titre des conclusions auxquelles nous sommes parvenus : "Le regard lumineux et les pieds sur terre". Nous faisions référence à la spiritualité qui animait Marcellin au début de sa mission à La Valla. L'étincelle dans ses yeux reflétait la passion qu'il ressentait pour l'Évangile et le désir de le partager. En même temps, nous l'imaginons les pieds dans la boue, engagé auprès des enfants et des jeunes les plus démunis. Toujours prêt à désactiver la bombe de la pauvreté et de la solitude. Des années plus tard, le 7 octobre 2019, l'Institut a publié le document "OÙ TU IRAS. Règle de vie des Frères Maristes " et au numéro 81, il utilise la même expression, cette fois-ci en se référant à Marie : "Comme Marie, marche, le regard lumineux et les pieds sur terre. Elle t’invite à aller vers d’autres frontières". C'est mon souhait, et aussi ma prière, en pensant à chacun de vous aujourd'hui. Merci ! F. Aureliano García Manzanal Alicante, le 27 mars

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Bienvenus à la Résistance !

Le Frère Provincial, le F. Aureliano Garcia Manzanal, envoie une lettre ouverte aux éducateurs et éducatrices maristes en ce début de cours. Son message, motivant et enthousiasmant, parle de l’héritage d’un style éducatif que la nation à La Valla et de tout l’héritage reçu et qui sème, jour après jour, dans chaque classe et projet social des Maristes Méditerranéens. "Être conscient d’un cadeau si spécial, la devise de ce cours est rempli d’un sens plus profond : Souriez de tout cœur" Aux éducateurs de la Province Méditerranée : Chers amis et amies : Nous entamons une nouvelle année scolaire et, avec elle, nous ouvrons une nouvelle page de l'histoire de chacune de nos écoles et œuvres sociales. Une page blanche où nous écrirons le chapitre d'un livre que d'autres ont commencé à écrire il y a 205 ans. Nous reprenons un héritage séculaire qui, à son tour, a été ancré depuis de nombreux siècles dans les enseignements du Maître de Nazareth.  Marcellin Champagnat, simple curé de village, a pris le relais en 1817. Il a acheté une maison délabrée à La Valla-en-Gier, dans le département de la Loire, et là, avec un petit groupe de jeunes hommes des villages environnants, il a commencé à concevoir un système d'écoles qui offriraient l'éducation à des centaines d'enfants des campagnes - des enfants qui, jusqu'alors, ne pouvaient même pas imaginer que les portes de la connaissance et les fenêtres de l'espoir d'une vie plus digne leur seraient ouvertes à eux aussi. Chacun d'entre nous fait partie de cette histoire. Nous sommes les héritiers d'un style éducatif qui est né dans cette maison de La Valla ; nous y faisons référence chaque fois que nous parlons de " l'éducation mariste ". Nous avons hérité d'écoles qui sont devenues des foyers de lumière, d'une pédagogie basée sur la présence et l'écoute, sur la référence à Marie comme Bonne Mère et modèle, sur l'amour du travail et le sens des responsabilités, sur la mission comprise comme service et don, sur l'esprit de famille, sur l'attention prioritaire à ceux qui ont le plus besoin de nous et sur l'engagement inconditionnel dans la construction d'un monde nouveau. C'est l'héritage que, jour après jour, vous semez dans chaque classe et chaque œuvre sociale de la Province Mariste Méditerranée. Vous y consacrez toute votre vie, et c'est la raison pour laquelle vous vous levez chaque matin pour entreprendre avec joie toute votre activité éducative. Conscients de ce cadeau si spécial, la devise de cette année scolaire est empreinte de sa signification la plus profonde : "Le sourire du cœur". Que puis-je vous dire ? Merci ! Merci pour votre vocation d'éducateurs et pour faire partie de cette grande famille mariste. Toute action éducative vise à changer la réalité et non à s'y accommoder en se contentant de ce qu'il y a. Ce que la société actuelle nous offre, tout n'a pas la même valeur. Se limiter à ce que notre époque nous propose n'est pas une option vivifiante et n'aiderait certainement personne à grandir. L'éducation mariste est appelée à offrir, à partir de la fraternité, un nouveau paradigme capable de concevoir une société alternative qui ressemble davantage au Royaume dont Jésus a parlé. Il s'agit, au fond, d'un mouvement de résistance. Et nous savons qu'il y en a eu beaucoup au cours de l'histoire : résistance à l'occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, mouvements de désobéissance civile, mouvements non violents comme celui mené par le Mahatma Gandhi en Inde, etc. Certes, tous ne peuvent être considérés comme un exemple à suivre. Dans leur tentative d'offrir une société meilleure, libérée de la tyrannie et de l'injustice, on a utilisé parfois des moyens violents qui ont fini par générer des guerres aussi injustes et sanglantes que celles qu'ils essayaient eux-mêmes de combattre. Il y a plus de deux mille ans, Jésus de Nazareth a lancé son singulier mouvement de résistance. Il était en effet un bon maître qui exposait son message avec des mots et des métaphores simples, de sorte que même les plus jeunes pouvaient le comprendre : le semeur qui répand ses graines dans l'espoir d'une bonne récolte, le levain qui fait lever la pâte, les oiseaux qui ne sèment ni ne moissonnent mais que le Père nourrit, les lys des champs qui ne travaillent ni ne filent mais se parent d'une beauté sans pareille, le trésor caché dans le champ pour lequel il vaut la peine de tout vendre, l'homme prudent qui bâtit sur le roc... Et il racontait des histoires. Il parlait d'une minuscule graine de moutarde qui, enfouie dans la terre, devient un magnifique buisson, d'un berger qui quitte son troupeau pour partir à la recherche de la brebis égarée, et d'un bon père qui prépare un festin succulent pour accueillir le fils qui avait dilapidé son héritage. Tout ce qu'il faisait et disait était un véritable déferlement de créativité, l'action inlassable d'un vrai maître. Il voulait que les hommes et les femmes de son temps puissent saisir la présence salvatrice et amoureuse d'un Dieu bon qui accompagne notre histoire. Pour Jésus, la vie va toujours au-delà de ce que l'on voit. Pour lui, seul l'amour libère. Seule la miséricorde sauve. Deux mille ans après, sa personne et son message continuent d'illuminer la vie de millions d'hommes et de femmes. Ses traces n'ont pas été effacées, et l'écho de ses paroles n'a pas cessé. Nous sommes nombreux à croire que les enseignements du Maître de Nazareth peuvent restaurer l'âme d'un monde qui semble l'avoir perdue. Nous, Maristes, nous sentons l'appel à continuer ce mouvement de résistance que Jésus a commencé et pour cela nous avons dans nos mains l'outil de construction le plus puissant jamais inventé : l'éducation. Je vous invite à vivre en profondeur notre engagement dans cette résistance enracinée dans l'Évangile et je vous propose quelques pistes qui peuvent nous aider à la mettre en pratique dans notre action éducative. Tous ces éléments se retrouvent, bien sûr, dans notre Plan Stratégique et dans les priorités provinciales, mais peut-être que le fait de les exprimer d'une manière différente peut inspirer et offrir une nouvelle perspective : 1. La compassion et le service comme principes éducatifs. Dans un monde compétitif où l'on cherche à être le premier ou au moins à être sur le podium, nous affirmons avec notre manière d'éduquer que « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ». (Mc. 9, 35). Comment éduquons-nous à partir de la gentillesse, le service et le don de soi ? Voilà le chemin à suivre pour construire un monde nouveau fondé sur l'amour. Et c'est aussi la question clé, car elle est liée à notre propre identité. C'est ce que nous sommes. C'est notre vocation et l'héritage que nous avons reçu. Être frère ou laïc mariste, c'est être pour les autres. Comment profiter de cette Année des Vocations Maristes pour continuer à grandir et à approfondir notre spiritualité ? 2. La culture de la rencontre comme mode de vie  La pandémie de ces dernières années a remis en question notre monde relationnel et même notre équilibre personnel. Nos écoles et nos œuvres sociales n'ont pas été épargnés par ce phénomène. Le nombre d'étudiants ayant des problèmes de santé mentale et même des idées suicidaires a augmenté de façon exponentielle, nous avons ressenti à un degré plus ou moins grand la peur du face-à-face, même parmi nos enseignants, et nous avons supprimé pour une longue période de temps beaucoup de nos activités de groupe et éducatives. Comment récupérer la rencontre de façon équilibrée et responsable ? Comment guérir les blessures de la solitude et de la peur ? La fraternité et la rencontre sont notre habitat naturel. Depuis nos origines, le style éducatif mariste est basé sur la pédagogie de la présence, de la proximité et de l'empathie. Nous apportons ainsi notre grain de sable à la construction d'une société alternative basée sur la fraternité universelle : "Un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères" (Mt 23,8). 3. La résistance pour éviter la domination de l'égoïsme et pour rendre l'espoir possible.          Comme dans d'autres parties du monde, même dans la zone géographique de notre Province mariste, nous vivons des temps d'incertitude socio-politique. Les élections sont pour bientôt en Italie et certains pronostics sont vraiment inquiétants. Au Liban, nous sommes toujours au milieu d'une crise généralisée (politique, sociale et économique) qui semble ne pas avoir de fin. En Syrie, 82% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté ; ils sont dans une situation de "ni guerre, ni paix" comme nous le rappelle la dernière Lettre d'Alep (n° 44). En Espagne, nous aurons des élections régionales et nous continuerons à nous battre avec la LOMLOE et les changements qu'elle entraînera dans le système éducatif.          Quelle lecture prophétique pouvons-nous proposer face à toutes ces réalités ? J'ai commencé cette lettre par la citation de Romains 12, 2 : “Ne prenez pas pour modèle le monde présent ...". La résistance face aux dogmatismes du monde actuel nous ouvre à l'espoir et peut éviter d'être dominés par l'égoïsme. Notre vocation d'éducateurs comporte toujours une part de non-conformisme et une attitude critique qui se traduit par un engagement social actif. 4. La recherche inlassable de la brebis égarée.          La parabole de la brebis perdue est racontée dans l'Évangile de Matthieu et de Luc. Matthieu offre un détail qui devrait remettre en question nos approches éducatives et bouleverser plus d'un programme. Il raconte comment le berger laisse le reste du troupeau pour partir à la recherche de la brebis perdue et ajoute : « ... Et, s’il arrive à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées ». (Mt 18,13). Que pouvons-nous faire de plus pour atteindre les derniers ? Ou mieux encore, que devons-nous changer pour que les derniers soient les premiers dans la pyramide de nos intérêts ?          Le pouvoir de l'urgence médiatique dévore les informations à un rythme effréné. Les médias donnent souvent en spectacle la faiblesse, la pauvreté et la guerre. Ils peuvent contribuer à sensibiliser des millions de personnes, certes, mais ils sont généralement éphémères et ne répondent pas aux besoins qui nous sont les plus proches au quotidien. Á la fin de chaque journal télévisé, la Syrie continue à souffrir, la pauvreté augmente dans nos villes et nos pays, nos voisins du quartier ne parviennent pas à joindre les deux bouts, la crise fait perdre leur emploi à nos amis et à notre famille, etc. Comment faire le contrepoint à cette mélodie trompeuse ?              Dans la tradition chrétienne orthodoxe, on appelle "myrrophores" les femmes qui ont apporté de la myrrhe au tombeau du Christ le matin de Pâques. Ce sont les femmes qui ont oint et prit soin du corps de Jésus. Elles représentent tous les hommes et les femmes qui consacrent leur vie à guérir et à prendre soin des corps blessés de l'histoire. Je trouve cette image éloquente et inspirante car elle exprime la profondeur de notre vocation d'éducateur.              Nous commençons une nouvelle année scolaire. Une page blanche. Un monde de possibilités se déploie devant nous, une mission pour laquelle il vaut la peine de tout risquer, un rêve que nous avons hérité pour que l'espérance puisse à nouveau jaillir. Bonne année scolaire et ... bienvenus à la résistance

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Un Jour Spécial de la Bonne Mère

Salutation du Frère Provincial à l'occasion de cet anniversaire avec lequel nous commémorons la naissance de Saint Marcellin Champagnat https://youtu.be/REhy_JD_a7E Nous sommes en mai, le mois de Marie, un moment où nous célébrons autour de cette figure maternelle et, plus précisément, où nous commémorons le 20 mai le jour de notre bonne mère. Cette année 2020, en raison de la situation exceptionnelle provoquée par la propagation du COVID19, la journée est vécue d'une manière particulière. À cet égard, le Frère provincial des Maristes méditerranéens, Juan Carlos Fuertes, qui est en détention en raison de la pandémie de coronavirus à Rome, a voulu envoyer un message de célébration basé sur la reconnaissance et merci à toutes les personnes qui composent la grande Famille mariste. Nous détaillons ci-dessous le contenu textuel de ce qu'il transmet dans sa vidéo: « Bonjour à tous ! 20 mai 1789. Marcellin Champagnat vient au monde en pleine Révolution française. L'époque que Marcellin a traversée a été une période de grands changements sociaux, économiques et religieux... Et là, à ce moment historique si complexe, il a été capable de contribuer à la création d'une société plus fraternelle avec ses rêves, ses capacités, ses idéaux... Marie, notre Bonne Mère, a été son soutien à tout moment. 20 mai 2020. Cela fait plus de deux mois que nous vivons la pandémie du COVID-19 avec ses mesures restrictives. Les rues, les magasins, les musées sont presque déserts... Nous sommes confinés dans nos maisons sans sortir, sans voir nos proches, sans pouvoir embrasser nos amis et notre famille. Les œuvres éducatives ont été des premiers à arrêter. Ainsi, nos écoles, nos œuvres sociales, nos activités pastorales, ont perdu leur élan, leur force, leur vie... Mais seulement en apparence ! Nous n'imaginions pas qu'une telle situation puisse se produire. Nous n'imaginions pas non plus quelle serait notre réponse. Enseignants, frères et laïcs, parents, personnel administratif et de service, catéchistes et animateurs, scouts, éducateurs et bénévoles, entraîneurs sportifs... vous avez donné le meilleur de vous-mêmes en ce moment, pour vous mettre au service de nos enfants et de nos jeunes.  Avec votre travail constant, avec votre créativité, avec votre engagement... avec le temps que vous y avez dédié, vous avez su prendre soin de nos enfants. Je voudrais avoir un souvenir particulier pour vous, les frères : pour le travail que vous avez continué à faire, en essayant de faciliter, de coordonner, de soutenir directement ou indirectement chaque œuvre, chaque projet et les équipes de gestion. Nous n'avions pas non plus imaginé la réaction de nos enfants et de nos jeunes. Vous nous avez montré votre grande capacité d'adaptation, votre acceptation de la situation (quelle qu'elle soit) ; vous nous avez appris que la difficulté est toujours surmontée avec force et joie ; vous avez été prêts à collaborer à tout moment. Avec vous, tout a été plus facile. À vous tous, je veux transmettre mon estime et mes remerciements, en mon nom propre et au nom de nous tous qui formons cette famille mariste de la Méditerranée. Et maintenant, y a-t-il un espoir pour l'avenir ? Le Pape François dit : « Nous pouvons avoir tant de problèmes, tant de difficultés… mais quand nous nous trouvons devant un enfant, un sourire apparaît en nous, simplement parce que nous nous trouvons devant l'espoir : un enfant est l'espoir ! » Au cours de ces mois, nous avons réalisé que tout est connecté, que ce qui se passe dans une ville à l'autre bout du monde a des conséquences dans notre propre maison. Nous avons également réalisé que nous pouvons créer des environnements sûrs et sains autour de nous, si nous agissons en nous souciant des autres. En plus, au cours de ces mois, nous avons inventé de nouvelles façons d'éduquer, de communiquer, de prendre soin de nous-mêmes, de faire du sport, de faire des activités pastorales… pour annoncer l'Évangile de Jésus. Nous pourrions dire que nous avons dépassé les limites de ce que nous connaissions déjà, que nous avons franchi les frontières de ce que nous savions déjà, que nous sommes devenus plus universels car, pour les maristes, tous les diocèses du monde entrent dans nos plans (comme dirait Marcellin). L'espoir de Marcellin était un monde de fraternité. Il y a consacré toutes ses forces. Aujourd'hui, dans ce monde où tout est connecté, serons-nous capables d'inventer de nouveaux chemins d'Evangile, de nouvelles manières de prendre soin les uns des autres, de nouvelles façons d'être frères, de nouvelles formes de fraternité ? Ensemble, nous avons réussi. Ensemble, nous y réussirons. Marie, notre Bonne Mère, sera notre soutien à tout moment. MERCI de marcher ensemble, de continuer à réaliser le rêve de Marcellin aujourd'hui ! Une forte, très forte, accolade pour vous

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